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.....Elle poussa la porte, appréciant comme chaque fois d'avoir une chambre seule. Peu importe qu'elle fasse deux mètres sur trois. Peu importe qu'elle ressemble davantage à un placard qu'à une véritable chambre. C'était son endroit à elle. Contrairement à chez ses parents, ses affaires ne bougeaient pas de là où elle les avait laissées.
.....Son regard se posa d'abbord sur la diode clignotante du bouton Power de son ordinateur, puis sur la lueur verte et fixe de la batterie de sa caméra, indiquant qu'elle était chargée. Enfin, il s'arrêta sur la pupille brillante d'un grand brun de dix-neuf ans qui était assis sur son lit.
.....Brusque secousse dans le ventre, les jambes, les côtes, le cerveau. Coeur qui s'emballe.
.....- Brian !
.....- Salut, fit-il tout doucement, pour ne pas lui faire peur.
.....Elle lâcha son sac et courut vers lui, se blottissant instantanément au creux de ses bras.
.....- Je croyais que tu arrivais demain.
.....- Je ne peux pas tenir cinq jours, lui susurra-t-il à l'oreille.
.....C'était tellement bon de le sentir autour d'elle. Elle adorait cette sensation. Jamais elle ne s'en lasserait. C'était trop bon. Injustement bon. Elle ne pouvait se défaire de l'idée qu'il y avait un équilibre dans la vie. Tout se payait. En termes de bonheur, cette sensation était un luxe dispendieux.
.....Généralement, quand les garçons disent "je te téléphone demain", il rappellent une semaine plus tard, ou pas du tout. Généralement, quand les garçons disent "je serai là à huit heures", il arrivent à neuf heures et quart. Ils vous mettent dans un état d'incertitude, de manque, d'attente détestable qu'ils entretiennent soigneusement. Mais pas Brian. Quand Brian disait qu'il venait le samedi, il arrivait le vendredi.
.....- Ah, là, je suis bien, murmura-t-il, enfoui dans son cou.
Elle regarda sa joue, son avant-bras viril. Il était tellement beau, pourtant il restait modeste. Ce n'était pas son physique qui l'attirait, mais il n'y avait pas de mal à le ramarquer, si ?
.....Il roula sur le lit en l'entraînant. Elle ôta ses baskets sans les mains. Il releva sa chemise pour poser sa tête sur son ventre nu, enlaçant ses hanches, les genoux contre le mur. Si cette chambre était petite pour elle, Brian pouvait à peine y tenir complètement déployé. Il n'arrêtait pas de se cogner. Ce soir, elle était bien contente de ne pas avoir à se soucier de son voisin de la 11C.
.....C'était miraculeux, oui. Leur chambre à eux. Pas besoin de se cacher, de mentir, de faire les choses en douce. Pas de parents à qui rendre des comptes. Pas de couvre-feu à respecter.
.....Le temps s'étirait devant eux. Il mangeraient ce qu'ils voulaient pour le dîner - enfin, du moins, ce qu'ils pouvaient se payer. Elle se souvenait du soir où ils avaient chacun pris deux Snickers et de la glace en dessert. Ils s'endormiraient ensemble, sa main posée sur ses seins ou dans le creux de ses hanches et se réveilleraient ensemble, quand le soleil inonderait se fenêtre orientée à l'est. C'était tellement bon. Trop bon. Comment se faisait-il qu'elle y ait droit ?
.....- Je t'aime, murmura-t-il en glissant la main sous sa chemise.
.....Il ne marqua pas de temps d'arrêt, quémandant un réponse. Ses mains étaient déjà sur ses épaules et il levait la tête pour l'embrasser à pleine bouche. Il n'avait pas besoin de réponse.
.....Elle s'était toujours imaginé - une croyance sans fondement - qu'on aimait en miroir. Dans une parfaite réciprocité.
.....Mais Brian n'était pas comme ça. Il vivait son amour librement et sans attendre de retour. Ce qui impressionnait Tibby et le classait dans une catégorie à part - comme les gens qui parlaient mandarin ou qui savaient faire un dunk au basket.
.....Elle plongea sa main sous son T-shirt, parcourant son dos chaud, ses clavicules.
.....- Je t'aime, dit-elle.
.....Trois mots qu'il ne lui avait pas réclamés, mais qu'elle lui donnait quand même.
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Quatre filles et un Jean, Le dernier été - Ann Brashares